Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Bonjour ! Aujourd’hui je vous retrouve pour vous donner mon avis sur Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, écrit par Benjamin Alire Saenz. Oui, bon, j’arrive un peu après tout le monde, mais ce n’est pas si grave, hein ? Quoi qu’il en soit, j’ai lu ce roman en Novembre 2017, si ma mémoire est bonne, dans ma volonté de lire plus de romans LGBT+… et ç’a été un coup de cœur.

Il est toujours délicat de parler de style d’écriture quand il s’agit d’une traduction puisque j’ai lu ce roman en VF, mais en tout cas, c’était parfaitement fluide, ça glissait tout seul. Il y avait une véritable sensation de douceur qui se dégageait de l’écriture et du texte en général qui rend le tout vraiment agréable à lire. La plume sait parfaitement gérer les différents rythmes de l’intrigue mais aussi et surtout, elle arrive parfaitement bien à nous faire ressentir tout un tas d’émotions.

Les deux personnages principaux, Aristote et Dante, n’étaient absolument pas ce qu’ils auraient pu être : clichés et agaçants. Bien au contraire, ils sont attachants, doux et uniques en leur genre. L’auteur a su construire deux adolescents qui sont de vrais adolescents, avec un comportement tout à fait adolescent. Sincèrement, j’éprouve beaucoup d’amour pour ces deux personnages parce qu’ils sont tout simplement beaux. Je lisais ce livre et c’est comme si je les avais en face de moi et c’était magnifique à lire. Ces personnages, à mon sens, sont porteurs d’espoir. D’ailleurs, leurs parents respectifs le sont aussi tout autant. Tolérants, drôles et eux aussi réellement attachants, ce sont des parents parfaitement présents pour leurs enfants et qui les aiment plus que tout. Chaque personnage est à sa place dans ce roman, et chacun d’entre eux à quelque chose à raconter. Et je vous jure qu’Aristote et Dante entrent facilement dans la catégorie de mes personnages préférés. Tout au long du roman, vraiment, ils nous apparaissent comme ayant chacun leurs forces, chacun leurs faiblesses et inévitablement ils se complètent à la perfection. Ils sont réellement, sincèrement, vraiment beaux et uniques.

Ç’a été une lecture qui n’a pas cessé de faire battre mon cœur à la fois trop vite et trop lentement selon les situations. L’histoire de ces deux jeunes garçons, de leur rencontre et leur amitié (et plus si affinité) est encore une fois magnifiquement belle. Et je me répète, mais je ne trouve pas d’autres mots pour définir ce livre : tout à la fois était juste beau, mais d’une beauté qui n’est pas commune, une beauté qui vous marque vraiment. L’auteur retranscrit à la perfection les difficultés qui peuvent exister chez les homosexuels. Mais plus que cela, en fait, il parvient surtout à nous montrer qu’on peut voir au delà de ces difficultés. Au delà du regard des autres et de son propre regard sur soi-même et sa propre homosexualité.

Enfin ! Je n’en dirai pas plus pour deux raisons : la première étant que je ne voudrai spoiler personne, et ensuite parce que je ne ferai à partir de là que me répéter et ça en deviendrait lassant et ridicule. C’est un roman sincèrement touchant et surtout important qui offre une représentation réaliste de l’homosexualité et pleine d’espoir et de bons sentiments. C’est un roman qui m’a complètement chamboulé et qui, après l’avoir fermé, m’a laissé une grande impression de vide.

S’en aller sans dire au revoir (2/2)

J’écrivais, il y a quelques mois de cela, un article intitulé « Dire au revoir et s’en aller ». Je ne saurai expliquer pourquoi, à cet instant, j’avais besoin de traiter le sujet du départ et des au revoir. Je reviens dessus aujourd’hui, et je parle de choses dont je n’ai pas parlé dans ce précédent article : la mort. Dans ce précédent article, je parlais qui serait anticipé, ou en tout cas que je considérais comme un départ qui aurait plus l’allure d’un voyage réel. Et donc dans lequel il était absolument possible de dire au revoir et de s’en aller ensuite. Et parfois de revenir.

Seulement, il existe un départ qui empêche cela : les au revoir et le retour. Un départ dont on ne parle pas, qu’on tente à tout prix d’éviter, contre lequel on se bat parfois. « People die everyday », a dit Neville. Et c’est vrai. Des gens meurent tous les jours. Des tas et des tas de gens. Ceux qui font la guerre, là-bas. Ceux qui dorment dans les rues, partout. Ceux qui sont malades, ou encore ceux qui pourtant allaient très bien.

J’ai perdu mon oncle et ma grand-mère récemment. Mon oncle était malade, ma grand-mère allait plutôt bien. Et les deux sont partis. C’a été tout aussi soudain, inattendu pour les deux. On a beau vivre avec une personne qui est malade, on se dit : « s’il a tenu ce jour, alors il peut tenir le prochain » et ce encore et encore, continuellement. On y croit sincèrement, et plus que tout. Et puis un jour, c’est la fin. Un jour on se rend compte qu’espérer ne fait pas tout. Un jour, on vous annonce que vous venez de perdre quelqu’un. Votre monde s’arrête et pourtant la Terre continue de tourner et les gens autour de vous semblent heureux.

On garde toujours cette impression qu’il manque quelque chose. Cette idée que quelque chose ne s’est pas fini comme il l’aurait fallu. Tant d’histoires dont le livre ne sera jamais terminé, dont il manquera toujours une partie.

Et là, naissent les regrets. Pas d’au revoir, pas de dernières paroles. La dernière fois que je les ai vus étaient tout à fait normaux, de ceux qui ne prédisent que vous ne les reverrez jamais. Cette dernière qu’on voit ces personnes qui nous quittent sont nos derniers souvenirs, des souvenirs qui reviennent inlassablement et contre lesquels on voudrait s’énerver : « Pourquoi alors n’ai-je pas dit quelque chose ? Si seulement j’avais pu savoir… ». Si j’avais su, j’aurai dit au revoir, j’aurai dit plein de choses.

Mais on ne sait pas, et l’on ne dit rien alors que c’est précisément cela qui devrait nous pousser à parler aux gens qu’on aime, nous pousser à leur dire justement qu’on les aime et plus encore cela. Profiter du temps qui nous est offert avec ces personnes. Rire et vivre. Se laisser aller à quelques effusions de bons sentiments, parce que ce n’est pas si compliqué de dire à quelqu’un que vous l’aimez. Pour une raison quelconque, on rend cela difficile, mais ça ne l’est, ça ne l’a jamais été. Quelques mots dits au bon moment vaudront toujours mieux que des regrets qui ne s’en iront pas.

Il faut alors se contenter de souvenirs, d’images qui ne remplaceront pas la réalité et qui n’offrent aucun futur mais vous permettent de revivre un passé disparu. Certains vous redonneront le sourire, et ceux-là même vous feront parfois pleurer parce que justement, ils étaient beaux… et il y en avait encore tant à construire.

Profitez des gens que vous aimez.

Dites-leur que vous les aimez.

Créez des souvenirs.

Riez.

Vivez.

A mon oncle,

A ma mamie,

Et à toutes ces personnes parties trop tôt.

De 2017 à 2018

Quelle année que 2017 ! Il s’en sera passé, des choses et pas toujours très joyeuses, il faut le reconnaître. Ç’aura été d’un point de vue personnel une année vraiment compliquée, mais j’espère et je pense que 2018 n’en sera que meilleure.

2017 → c’était quoi ?

D’abord, ce blog. J’ai repris ce blog, je l’ai abandonné, puis repris, puis j’ai fait une pause. Je sais, j’ai toujours été très indécis à ce sujet. Mais j’aime beaucoup ce que j’y fais et je tiens à le rendre et à le garder vivant.

Ensuite, l’écriture. J’ai toujours du mal à trouver le temps d’écrire, mais cette année j’ai fini Cas de Conscience et commencé Nathan et Amy, que j’espère finir assez vite. C’était aussi un florilège de nouvelles idées et avec tout ça, je peux vous dire que j’en ai pour quelques temps !

Ç’a aussi été l’obtention du bac et l’entrée à la fac. Quelque chose qui est enfin derrière moi parce que Dieu sait que ce fut l’une des pires semaines de ma vie ! Mais je l’ai eu et me voilà à la fac, sans trop savoir où je vais réellement… !

Enfin, mon coming-out. Personnellement, ça m’a permis de m’accepter forcément et de me sentir vraiment plus libre et plus léger afin d’en parler, ce que je fais avec ce blog !

2018 → ce sera quoi ?

J’aimerai que 2018 soit l’année pour ce blog. J’aimerai tenir un rythme régulier au moins pour an complet une fois dans ma vie ! Je vais faire de mon mieux, je vous le promets ! J’ai déjà quelques articles de prévus afin de tenir sur une certaine durée… Je peux d’ores et déjà vous dire que vous aurez un article toutes les deux semaines : c’est un rythme qui me convient assez.

Ce sera aussi, je l’espère, une année d’écriture. Je me suis fait un programme des projets que je voulais écrire dans l’année, il y en a un certain nombre et j’espère sincèrement pouvoir m’y donner à fond, parce que plus j’écris, plus ça me plaît et plus j’ai envie d’écrire.

Et de lectures ! Je tiens à ce que mes lectures de cette année soit bien plus diversifiée : je veux déjà lire des romans en VO et bien plus de romans LGBTQIA+, entre autres choses ! Je veux aussi découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux genres et enfin continuer mes lectures d’Agatha Christie ! Mais je vous parlerai de mes objectifs de lecture sur le nouveau compte Insta.

Donc, ce compte instagram : thomasetmots. C’est un compte bookstagram entre autre chose, que je commence dès aujourd’hui et sur lequel je parlerai principalement de livre. Ca fait partie des nouveautés de l’année, j’aime assez le concept de parler de livres en photos et en stories.

Et pour le reste, il faudra me suivre au jour le jour sur mes réseaux : facebok, twitter et instagram pour être tenu au courant de tout !

Et vous, quels sont vos objectifs pour 2018 ? Avez-vous réussi ceux de 2017 ?

4 raisons de regarder Please Like Me

Aujourd’hui, on parle série ! Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de Please Like Me, et je vous donne 4 raisons de la regarder ! (mais je pourrai en donner en donner encore une vingtaine, mais ça ne serait pas intéressant de me voir répéter autant de fois que cette série est géniale).


  1. C’est rapide.

Peut-être que pour certains ce n’est pas une bonne chose, mais pour d’autres ça peut en être une. La série se compose de quatre saisons de 6, 10, 10 et 6 épisodes chacune et ces épisodes ne dépassent pas les 30 minutes. J’ajoute aussi que la série est terminée, ce qui veut dire que vous pouvez tout regarder très rapidement sans avoir besoin à un moment donné d’attendre une petite semaine pour voir la suite. Je crois qu’en une semaine j’avais fini la série, c’est vous dire !

  1. C’est émotionnellement très sportif.

Vous allez passer du rire aux larmes assez rapidement. J’ai passé autant de temps à rire qu’à pleurer devant cette série, il y a quelque chose qui se dégage des acteurs, des personnages et de l’historie de façon générale, quelque chose qui rend le tout vraiment addictif et attachant. C’est réellement quelque chose de purement véritable ; c’est-à-dire que les choses ne sont pas toutes belles juste pour nous faire plaisir, mais elles ne sont pas toutes tristes juste pour nous faire pleurer. Il y a véritable équilibre qui donne cette impression de réalisme. C’est au final la vie d’un personnage ici qui peut se projeter ; même si on ne se voit pas dans le personnage lui-même, on comprend parfaitement les étapes par lesquelles il passe. Parfois, donc, vous allez être scotché devant votre écran à vous demander ce qui vient d’arriver, à pleurer toutes les larmes de votre, corps, et d’autres à rire comme jamais.

  1. Les personnages.

Ils sont tellement attachants ! Tous autant qu’ils sont. Josh, le personnage principal. Il est drôle, il est touchant. Parfois on ne le comprend pas, parfois on veut lui dire d’arrêter d’être un peu bête, mais au final, on ne se lasse pas de sa bêtise ! Et puis le groupe qu’il forme avec Tom et Claire est tout simplement génial. Puis, il y a tous les autres personnages et très sincèrement je ne sais pas trop quoi vous dire de plus, si ce n’est qu’on s’attache à chacun d’entre eux , ils sont tous incroyablement différents, drôle même s’ils peuvent nous agacer ou nous faire pleurer. On retrouve chez eux ce réalisme dont je vous parlais plus tôt : ils sont tout ce qu’il y a de plus humain, avec une vie plus ou moins normale et des aventures parfois tristes, parfois drôles, mais par dessus, c’est leur façon de gérer toutes ces choses qui est aussi très touchante. Ils forment tous un petit groupe solide et fragile à la fois et c’est vraiment beau à voir.

  1. Josh est gay.

Oui bon, ok, peut-être que vous, ça ne vous fait rien, mais moi j’apprécie. L’acteur qui joue Josh (Josh Thomas) et producteur de la série est lui-même homosexuel ; et j’apprécie assez le fait qu’on présente un homosexuel qui sort des clichés habituels. Déjà : il s’agit du personnage principal et non pas de l’ami fan de mode du personnage principal. J’adore. J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont était traitée cette homosexualité : c’est-à-dire tout à fait normalement ; on la présente comme rien d’autre qui sorte de la normale, le personnage est juste gay, point.

Et à côté de cela, j’ai aussi adoré les autres personnages homosexuels qui apparaissent au cours de la série, des personnages sur lesquels je ne m’étalerai pas puisque je vous spoilerai. Ceci dit, je peux déjà vous dire qu’ils sont excessivement beau et que leurs personnages sont tout aussi géniaux, si ce n’est plus (cœur sur toi Arnold, l’amour de ma vie).


VOILA. Convaincus ? Déjà vue ? Dites-moi tout !

Dire au revoir et s’en aller

Voilà un autre sujet un peu compliqué à traiter pour moi puisqu’il me « force » à me souvenir de certaines choses. On connaît tous, je crois, ce sentiment de nostalgie qui nous envahit parfois ; celui qui nous rappelle qu’on a laissé certaines choses, certaines personnes derrière nous. Pour le meilleur et pour le pire. C’est parfois douloureux d’y repenser, de se replonger dans ces souvenirs si tristes mais pourtant si beaux. Mais alors… pourquoi dire au revoir et s’en aller ?

Je ne prétends pas donner une réponse à cette question ; ce serait inutile car impossible : il y a autant de raisons que de personnes. Mais une histoire, ça commence et ça finit. En tant qu’auteur, je le sais bien. Parfois il est essentiel de mettre le point final, même si ni l’auteur, ni le lecteur ne le veulent réellement : c’est tout à fait nécessaire. Aller trop loin, ce serait la première erreur d’une longue série. Il est, je pense, préférable d’arrêter un livre à un moment où tout va pour le mieux plutôt que d’attendre que rien n’aille plus. Et là, alors, il faut dire au revoir. Et s’en aller.

« Il faut toujours perdre une part de soi pour avancer », Tant que nous sommes vivants, Anne Laure Bondoux.

Que ce soit en amour, en amitié et aussi dur que cela soit, ce qui n’apporte rien d’autre que malheur, tristesse et désespoir doit être laissé de côté. Malgré les promesses, malgré l’envie et malgré l’énergie dépensée. Ça n’aura pas été en vain et cet au revoir n’est pas la fin ; c’en est une, certes, mais d’autres choses commenceront plus tard, et finiront peut-être elles aussi. Chaque histoire vous apprend quelque chose ; qu’elles se terminent ne veut pas dire qu’elle aura été un échec, au contraire.

« Les histoires qui finissent bien sont juste des histoires qui ne sont pas encore finies », Nos cœurs en désaccord, Krystal Sutherland.

J’adore ce livre certainement plus que n’importe quel autre, pourtant, je ne suis pas forcément d’accord avec Grace lorsqu’elle dit cela. Il existe tant de façons de finir une histoire ; elles peuvent aussi bien se finir. Et si, comme moi, un jour vous arrivez à relativiser assez les choses dans votre vie, alors vous serez certainement capable de voir que chaque fin en est une bien. Même si elle a été triste, même si elle vous fait pleuré pendant huit mois ; elle aura été la meilleure chose qui ait pu vous arriver. Cette fin, comme l’histoire qui se finit.

« Ne soit pas triste que ce soit fini, soit heureux que ça se soit passé », une amie.

Ce n’est pas une chose simple de voir seulement le bon côté de la chose, et pourtant, il y en a tant que l’on finit souvent par oublier, par tristesse, par colère même aussi. Voir quelqu’un s’éloigner, l’entendre vous dire qu’il doit partir et comprendre alors que vous ne vous reverrez certainement jamais, c’est dur, ça vous rend triste et en colère. Votre travail, alors, sera de ne pas oublier que vous avez aimé cette personne pour ce qu’elle était et que son départ ne la change pas. Vous l’avez aimée. Vous l’aimez peut-être encore. Vous l’aimerez sûrement encore quelque temps.

« Someday you’ll see the reason why, sometimes, yeah sometimes, there’s good in goodbye », Good in Goodbye, Carrie Underwood.

Je ne vous dirai pas qu’il ne faut pas se battre pour les personnes auxquelles vous tenez, au contraire. Je vous dirai simplement qu’il faut choisir ses batailles et que vous ne pouvez pas dépenser toute votre énergie à vous battre pour tout le monde. A ce moment où vous vous dites au revoir, relisez votre histoire une dernière fois et posez-vous la question « y a-t-il encore quelque chose à dire ? ». Si oui, alors allez-y, rattrapez cette personne et écrivez, bâtissez, tournez la suite de cette histoire. Si non, alors… laissez-la partir, pour elle comme pour vous.

« Laisse tout ça derrière toi, Tsell. Si tu emportes ton chagrin, il t’empêchera d’avancer », Tant que nous sommes vivants, Anne Laure Bondoux.

Parfois, aussi dire au revoir ne veut pas forcément dire au revoir à quelqu’un d’autre ; ou attendre que l’on nous dise au revoir. Parfois, c’est simplement laisser de côté ces émotions qui nous retiennent, simplement leur dire que nous n’avons plus besoin d’elles ; de la tristesse, de la colère, de la rancœur ; le malheur. Leur dire que d’autres nous attendent quelque part ; la joie, l’ambition ; le bonheur. Parfois, alors, il faut se dire au revoir. Et s’en aller. Accepter de s’abandonner, de changer de perspective et voir ainsi la vie autrement. Laisser derrière soi ce qui nous freine. S’en aller, parfois sans dire au revoir. Juste partir.

« May we meet again », The 100.

S’il suffisait d’aimer

S’il suffisait d’aimer, alors on s’aimerait et je n’écrirai probablement pas cet article. Mais pendant longtemps, l’on a considéré que tout le monde ne pouvait pas s’aimer. Aujourd’hui, si en France la loi a changé par rapport à l’homosexualité, l’homophobie n’en est pas moins présente – au contraire d’ailleurs puisque les statistiques s’accordent à montrer une augmentation de l’homophobie en 2016. Ici, on ne parlera pas de lois, ni d’international : je réserve ça pour un prochain article. Cet article est plus un article de pensées personnelles.

J’ai fait mon coming-out « public » le 12 février 2017, le jour de mes 18 ans. Je dis public, parce qu’avant cela, j’avais commencé par en parler à certains membres de ma famille et des amis. J’ai toujours à peu près su que ça se passerait bien, je savais pertinemment que je ne devrai pas m’en faire. Pourtant, ça reste quand même un moment terrifiant. Pour bien peu de choses, finalement… J’avais le cœur qui battait bien trop vite, je tremblais. Et le jour d’après, c’était oublié. Pourquoi je vous raconte cela, alors que tout s’est très bien passé chez moi quand chez d’autres il y a des conséquences terribles aux coming-outs ? Tout simplement pour vous montrer que, dans n’importe quel environnement, le coming-out fait peur. Simplement dire « je suis gay », ça fait peur, parce que pendant un court instant on imagine le pire : et si les autres ne l’acceptaient pas ? Il suffit de se renseigner un peu pour voir que les victimes de l’homophobie familiale restent nombreuses. Beaucoup sont mis dehors, ou frappés à cause de cela. Alors quand un hétéro vient me voir pour me dire « tu devrais t’en foutre et faire ce que tu veux », non. Juste, non, s’il vous plait. Ne soyez pas aveugles et regardez autour de vous. J’aimerai que tous les homsoexuels du monde puissent faire ce qu’ils veulent, mais il y a des tas et des tas de gens qui rendent ça impossible.

Quand un hétéro me dit « arrête de voir l’homophobie partout », j’ai juste envie de répondre qu’elle est partout. Encore une fois, il suffit juste de ne pas fermer les yeux sur tout ce qui se passe et de ne pas se cantonner aux médias habituels pour le remarquer. A croire que seuls les homosexuels voient – pire même, imaginent !, l’homophobie. Nous sommes fous, les amis, on voit le mal partout. Peut-être que vous ne vous en rendez pas tous comptes, mais certaines blagues qui vont vous faire rire : elles sont homophobes. L’homophobie, et la banalisation de l’homophobie, passe par là. Aujourd’hui, il semble que la liberté d’expression permette aussi l’expression de pensées censées être des délits et punies par la loi. Non, vous ne devez pas pouvoir exprimer votre homophobie dans le plus grand des calmes comme si c’était tout à fait normal, parce que ça ne l’est absolument pas.

Oui, je ne ferai jamais d’enfants. Et alors ? Est-ce que ça me rend réellement moins légitime ? Il existe l’adoption. L’adoption, vous savez, lorsqu’un enfant est abandonné par ses parents hétérosexuels ? Mais non. Pour vous il est mieux qu’un enfant vive sans parents plutôt qu’avec deux parents du même sexe. « Ca crée un déséquilibre » « L’amour d’un père et d’une mère ». Ce sont vos paroles et vos idées stupides qui sont complètement déséquilibrées. L’amour, peu importe de qui il vient, reste le même. Un enfant a besoin de l’amour de parents, et deux papas, deux mamans restent des parents. Et maintenant, la science permet à des parents homosexuels de pouvoir être parents. Mais là encore, vous débattez, et refusez, criez des arguments sans queue ni tête, qui restent toujours les mêmes et qui peuvent être démontés de mille et une façon différentes. La nature, dites-vous. Dieu, hurlez-vous. Premièrement, nous ne sommes pas tous croyants, et cet argument ne fonctionne que pour vous, croyants (quoique faire passer votre homophobie derrière votre religion reste complètement homophobe hein)(par ailleurs, on a parfois vu passer 1/ des croyants homosexuels et 2/ des croyants absolument pas homophobe, et alors là ça tue encore plus l’argument religieux mais passons). L’homosexualité est bien plus « naturelle » que vous ne souhaitez vous le faire = elle existe depuis aussi longtemps que votre hétérosexualité, et même chez les animaux.

Alors s’il suffisait d’aimer, on s’aimerait et ça irait ; mais aujourd’hui encore malheureusement, on ne peut pas aimer qui l’on veut sans être victime d’une certaine discrimination. Il existe des degrés différents, certes, mais ça n’en reste pas moins de l’homophobie. D’une simple blague, remarque, à des coups, le degré est certes différent mais l’idée reste la même : homophobie. Cœur sur toutes ces personnes hétérosexuelles qui ne sont jamais tombées dans cette haine des homosexuels et qui soit s’en foutent royalement, soit soutiennent nos droits. Parce que, oui, je répète, nous, homosexuels, avons aussi des droits, parce que nous, homosexuels, sommes parfaitement normaux et parfaitement humains, au même titre que n’importe quelle autre personne sur cette Terre.

Bref. Il suffit d’aimer. Sincèrement. Il suffit que vous aimiez ce qui ne vous ressemble pas, ce qui est différent de vous. Parce que la mixité sous toutes ses formes, c’est ce qu’il y a de plus beau, et ne serait-il pas déplorable de vivre dans un monde fait d’un seul et même type de personne ? Des homosexuels dans ce monde, est-ce que cela change réellement quoique ce soit à votre vie ? J’en doute. Aimez-vous parce qu’il suffit simplement d’aimer.

La confiance en soi


Demandez-moi mes qualités, et je ne saurai pas vous répondre. Demandez-moi mes défauts et nous sommes partis pour deux heures au moins de conversation. C’est mon cas, mais c’est aussi celui de beaucoup d’autres : je n’ai pas confiance en moi, en mes capacités et en ce que je suis.

Je suis incapable d’entreprendre quelque chose sans me remettre entièrement en question : « quel interêt ? » « Suis-je assez intelligent ? » « Assez fort ? » « Je n’y arriverai pas ! » Et parfois, ces doutes de moi-même m’empêchent d’aller au bout de quelque chose, par peur de l’échec. L’échec est effrayant, et vous ne me ferez jamais croire le contraire quoiqu’il en soit : on a tous peur d’échouer un jour. Et parfois, lorsque l’on manque de confiance en soi, alors on a cette impression que quoi que l’on fasse, on échouera toujours. Parce que nous ne sommes pas assez bons. Parce que nous ne sommes pas les autres, ces autres qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent. N’est-ce pas ? On voit des montagnes là où il y a des collines, des tempêtes là où il n’y a qu’un peu de pluie. Alors on ne sort pas, on ne monte pas. C’est trop haut, trop violent. On n’y arrivera pas, à quoi bon essayer ? Je laisse ma place à ceux qui ont leurs chances… C’est un manque de confiance qui nous fait imaginer qu’on est incapable, en dessous des autres. Parce que les autres sont plus grands, peut-être, plus intelligents, peut-être, plus beaux, peut-être.

Parce qu’il y a ces gens qui vous disent que vous êtes faibles et nuls. Ceux qui vous rabaissent et vous humilient. Ceux qui pensent réellement qu’ils valent mieux que les autres, qu’ils sont plus beaux, plus intelligents, plus forts. Alors au début, vous rigolez juste un peu, mais vous commencez à douter de vous. Puis ça continue, encore et encore jusqu’à ce que vous ne vous fassiez même plus confiance parce qu’il y a des gens autour de vous qui nuisent à cette confiance. Ces gens qui chercheront chacun de vos défauts pour vous les jeter en pleine figure et ne vous faire voir que cela. Vous êtes gros. Vous êtes laids. Vous êtes bêtes. Vous êtes fragiles. Oh, vous avez tant de défauts !

Quand je me regarde dans le miroir, je ne vois que cela : mes défauts, bien trop nombreux. Effectivement, je suis moche, gros, pas musclé pour un sou, bête et fragile. Je ne vaux certainement pas grand chose, hein. Je n’aime pas mon corps. Oh, je ne me posais pas vraiment la question avant. Vous savez, avant ce culte de la beauté : l’homme musclé, sans gras. Mais maintenant, j’arrive à un stade où je déteste mon corps, je déteste me regarder. Pire, cela n’est pas que physique : pendant une longue et dure période de ma vie (coucou la Terminale), je me suis tellement remis en question : je détestais aussi ce que j’étais à l’intérieur. Bête, méchant, fragile. Je n’étais rien de bien. Je doutais de tout, tout le temps. Je ne pouvais rien faire sans m’insulter moi-même. Si j’avais pu me flageller je l’aurai fait. J’éprouvais tant de haine envers moi-même parce qu’un jour les autres m’avaient tant jeté mes défauts à la figure que j’avais fini par les croire quand ils me disaient que je n’étais fait que de défauts, que je n’étais rien de bien.


Ma photo de profil Twitter est une photo de moi – de moi et moi seul (celle que vous pouvez voir ici). Ca peut vous paraître anodin, mais j’ai passé du temps à la prendre, à la faire. Parce que je me trouve laid. Parce que j’avais peur de ce que diraient les autres. Pourtant je voulais absolument le faire : c’est, je crois, un premier pas vers la confiance en soi.

Fuck you all, toutes ces personnes qui pensent pouvoir décider de ce qui est beau ou laid. Finalement, la beauté est subjective. Vous avez votre propre façon d’être beaux, ou belles. Vous êtes certainement plus beaux/belles et plus intelligent(e)s et plus fort(e)s que ces gens qui vous nourrissent de vos défauts.

Oh, ce n’est pas facile, je ne vous dirai pas le contraire, mais il faut essayer. Regardez vous dans le miroir, chercher vos qualités parce que vous en avez. C’est évident, nous sommes faits de défauts et de qualités. Il faut apprendre à voir les deux ; pas seulement l’un ou l’autre. Aimez-vous, aimez les autres. Aimez les autres, parce qu’ils s’apprendront à s’aimer ainsi.

Ecoutez ces gens qui vous veulent du bien, ces gens qui vous nourrirront de vos qualités et de compliments. Ils ne sont pas hypocrites, ils ne sont pas juste gentils et n’essaient pas simplement de vous rassurer : ils vous disent la vérité, croyez-les. Aimez-vous comme vous êtes, changez si VOUS avez envie de changer mais ne changez pas parce que les autres vous ont dit que vous deviez changer. C’est votre choix, pas le leur. Ces gens qui vous veulent du mal ne méritent pas cette victoire sur vous, ils ne méritent de décider pour vous, ils ne le doivent pas.

Regardez-vous dans le miroir et faites-vous confiance, juste une fois. Croyez que vous êtes capables de faire de grande chose, et vous ferez de grande chose. Il suffit parfois simplement d’y croire, et voilà que vous vous donnerez les moyens.

Non, ce n’est pas facile, je le sais. C’est un travail au quotidien et qui ne s’arrêtera jamais parce que la confiance peut être ébranlée de tant de manières différentes. Pourtant il vous faut rester forts, parce que vous l’êtes, nous le sommes tous. Il suffit de croire en vous. Vous en êtes capable. Croyez en vous et ce sera là votre première victoire sur ceux qui vous veulent du mal.


J’ai quelques doutes quant à cet article – exemple du manque de confiance. Dois-je le poster ou pas ? Ai-je bien transmis ce que je voulais dire ? Je ne sais pas. Je l’espère.

Ayez confiance.