J’écris

        J’ai envie, aujourd’hui, de vous parler de cette passion que j’ai pour l’écriture. C’est une passion comme une autre, j’ai envie de dire. Certains aiment le sport, d’autres la cuisine, eh bien pour moi c’est l’écriture (et on peut même ajouter la lecture).

         J’ai commencé à écrire par envie. J’étais en quatrième, nous avions une rédaction à faire, je l’ai faite. Et malgré une note qui n’a pas été glorieuse, 10, j’ai aimé. Et j’ai continué. Au départ, j’écrivais vraiment par pure et simple envie, parce que j’aimais ça et que je ne voyais aucune raison de ne pas faire quelque chose qui me plaisait.

       Aujourd’hui, cependant, c’est légèrement différent. Il y a évidemment et heureusement, toujours cette envie et ce plaisir d’écrire, sans quoi je n’écrirai sûrement pas. Mais depuis la quatrième, soit cinq ans plus tôt, j’ai grandi, mon écriture et ma pensée avec.

       En grandissant, on voit les choses différemment. Le monde, les autres, soi-même. Adolescents, s’exprimer n’est pas aussi simple que ça devrait l’être. Inutilement, on grandit et on complique les choses un peu : on a parfois tendance à se renfermer sur soi-même, à ne pas parler assez de choses qui pourraient nous tracasser.

       L’écriture, c’est pour moi un moyen de faire passer des mots, des sentiments que je ne saurai jamais transmettre oralement. Je me sens tellement plus à l’aise à l’écrit, et ce dans beaucoup de domaines : examens, sentiments… Alors j’écris, je dis ce que je pense à travers des poèmes, mais aussi à travers des romans. En tout cas, c’est ce que je souhaite, puisqu’à ce stade mes romans ne sont encore qu’en projet.

       Mais mes romans se forment autour de ce que je veux dire, et ça n’est pas seulement une histoire. Je veux parler de choses qui me tiennent à cœur et la plus évidente à cet instant c’est l’homosexualité. Un grand nombre de mes personnages sont et seront homosexuels. C’est un sujet à la fois personnel sur certains aspects, mais aussi tellement général. Mais ce n’est pas tout. En ce moment, le monde fait face à une vague de terrorisme, et je veux parler de cela aussi, et c’est ce que je tente de faire dans mon roman en cours bien que ce ne soit pas du terrorisme à proprement parlé. L’objectif, en parlant de choses concrètes et d’actualité, c’est pour moi d’explorer des choses un peu plus abstraites tels que les sentiments.

       C’est pour moi quelque chose qui est aussi réellement important et qui n’est pas négligeable. Nous sommes tous faits de sentiments, quels qu’ils soient. Et chacun de ces phénomènes d’actualité réveille des sentiments, et c’est sur ceux-là que j’essaie de baser mon écriture. D’un côté, j’aimerai n’écrire que de l’espoir. Mais d’un autre côté, j’ai aussi cette envie et ce besoin d’écrire la réalité, la nôtre, à un moment donné. Alors j’essaie d’allier les deux, puisque justement l’espoir, c’est notre réalité.

       J’écris pour dire des choses. Ce sont des engagements plus ou moins personnels et dans chacun des textes que vous pourrez lire de moi, vous tomberez parfois sur des pans de ma vie que vous ne saisirez pas dans leur intégralité sans le contexte qui va avec. Mais vous trouverez aussi des choses qui ramèneront inévitablement à notre monde, celui d’aujourd’hui.

       J’écris pour me libérer et dire des choses qui je ne saurais dire à l’oral et qui, de toute façon, ne seraient pas forcément écoutées. Je crois que je manie bien mieux les mots en les écrivant plutôt qu’en les disant simplement.

       Ce n’est pas très original ce que je vais dire là mais écrire c’est pour moi bien plus qu’une passion, c’est un échange entre les autres et moi, mais, j’ai presqu’envie de dire « surtout » entre moi et moi. C’est-à-dire que c’est en écrivant que je réussis à me comprendre, c’est en écrivant que je réussis à extérioriser.

       Je ne pourrai vraiment pas ne pas écrire. J’ai cette impression maintenant de ne vivre que pour ça, pour écrire, pour partager des histoires, des sentiments et tout un tas de choses.

       Donc, oui, j’écris, pour toutes ses raisons et rien ne me rend plus heureux.

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Nos Coeurs en Désaccord

Dans un contexte personnel particulier, c’est un livre qui a eu une résonnance particulière pour moi et ç’a été une lecture tellement forte qu’il fallait que je vous en parle. Nos cœurs en désaccord a été écrit par Krystal Sutherland et publié en France par les éditions Pocket Jeunesse. Pas de spoilers, je vous le promets.

L’histoire suit Henry Page, un jeune lycéen qui vit une vie tout ce qu’il y a de plus normale. Mais il est évident qu’une vie d’ado ne peut pas être tout à fait normale, et il rencontre un jour l’étrange Grace Town.

Dès les toutes premières lignes du roman, je me suis dit : « Ok, j’aime ce roman ». L’écriture m’a tout de suite attrapé par sa simplicité et son naturel. J’avais vraiment l’impression qu’Henry Page est un adolescent, ce qui est plutôt bon, puisque c’est un adolescent. Ce que je veux dire, c’est que dans beaucoup de romans, je trouve, eh bien ces adolescents font toujours un peu plus adultes. Mais pour le coup, je me suis retrouvé face à cet adolescent un peu perdu et dans lequel je me suis reconnu sur pas mal de points.

D’abord, il écrit. C’est un point facile, et il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour que je l’apprécie. Il est même rédacteur en chef du journal du lycée, s’il vous plait.

Ensuite, c’est un enfant. Lui et Grace Town sont des adolescents un peu fous, vire bizarre et ce sont des caractères que j’apprécie. On en revient, encore une fois, au fait que les personnages ont vraiment l’air d’adolescents qui veulent profiter de leur adolescence avant de finalement passer à l’âge adulte et c’est une partie de ce qui les rend vraiment attachants car plus réalistes, ou en tout cas plus conforme à l’idée que moi je me fais des adolescents.

Mais surtout, c’est la fin et sa réaction face aux évènements qui m’ont touché, marqué et m’ont fait dire « ce gars, c’est moi ». Durant toute la durée des cinquante dernières pages, peu importe ce que disait ou pensait Henry, les sentiments dont il parlait, je lisais et je me revoyais moi. Tout était exactement pareil, et c’est certainement ce qui me fait tant aimer cette fin : elle représente une partie de ma réalité. C’est-à-dire que pour certains, peut-être que tout ce qu’il dira ou ressentira ne sera pas vrai/possible/concevable/réel, mais pour moi, c’est exactement ça.

Et de là vient le plein d’émotions que m’a fait ressentir ce livre. Du début à la fin, on ressent évidemment quelque chose, toujours différent au fur et à mesure de l’avancement du livre, avec plusieurs questions en tête, mais cette fin est réellement touchante, et bouleversante. C’est en tout cas l’effet qu’elle m’a fait lorsque je l’ai lu.

Rarement un livre m’a laissé un tel sentiment, un sentiment que je ne peux pas réellement décrire. Mais c’est un sentiment que j’aime ressentir quand je lis, cette impression que le personnage que l’on suit depuis le départ est exactement comme nous, qu’il peut nous comprendre et qu’on peut lui parler, mais par-dessus tout qu’il peut nous apprendre quelque chose, sur les autres, sur les évènements et sur nous-mêmes.

Vous l’aurez compris, ç’aura été un vrai coup de cœur pour moi parce que ce livre est tombé parfaitement. Plus tôt ou plus tard, peut-être ne l’aurai-je pas autant apprécié.