S’il suffisait d’aimer

S’il suffisait d’aimer, alors on s’aimerait et je n’écrirai probablement pas cet article. Mais pendant longtemps, l’on a considéré que tout le monde ne pouvait pas s’aimer. Aujourd’hui, si en France la loi a changé par rapport à l’homosexualité, l’homophobie n’en est pas moins présente – au contraire d’ailleurs puisque les statistiques s’accordent à montrer une augmentation de l’homophobie en 2016. Ici, on ne parlera pas de lois, ni d’international : je réserve ça pour un prochain article. Cet article est plus un article de pensées personnelles.

J’ai fait mon coming-out « public » le 12 février 2017, le jour de mes 18 ans. Je dis public, parce qu’avant cela, j’avais commencé par en parler à certains membres de ma famille et des amis. J’ai toujours à peu près su que ça se passerait bien, je savais pertinemment que je ne devrai pas m’en faire. Pourtant, ça reste quand même un moment terrifiant. Pour bien peu de choses, finalement… J’avais le cœur qui battait bien trop vite, je tremblais. Et le jour d’après, c’était oublié. Pourquoi je vous raconte cela, alors que tout s’est très bien passé chez moi quand chez d’autres il y a des conséquences terribles aux coming-outs ? Tout simplement pour vous montrer que, dans n’importe quel environnement, le coming-out fait peur. Simplement dire « je suis gay », ça fait peur, parce que pendant un court instant on imagine le pire : et si les autres ne l’acceptaient pas ? Il suffit de se renseigner un peu pour voir que les victimes de l’homophobie familiale restent nombreuses. Beaucoup sont mis dehors, ou frappés à cause de cela. Alors quand un hétéro vient me voir pour me dire « tu devrais t’en foutre et faire ce que tu veux », non. Juste, non, s’il vous plait. Ne soyez pas aveugles et regardez autour de vous. J’aimerai que tous les homsoexuels du monde puissent faire ce qu’ils veulent, mais il y a des tas et des tas de gens qui rendent ça impossible.

Quand un hétéro me dit « arrête de voir l’homophobie partout », j’ai juste envie de répondre qu’elle est partout. Encore une fois, il suffit juste de ne pas fermer les yeux sur tout ce qui se passe et de ne pas se cantonner aux médias habituels pour le remarquer. A croire que seuls les homosexuels voient – pire même, imaginent !, l’homophobie. Nous sommes fous, les amis, on voit le mal partout. Peut-être que vous ne vous en rendez pas tous comptes, mais certaines blagues qui vont vous faire rire : elles sont homophobes. L’homophobie, et la banalisation de l’homophobie, passe par là. Aujourd’hui, il semble que la liberté d’expression permette aussi l’expression de pensées censées être des délits et punies par la loi. Non, vous ne devez pas pouvoir exprimer votre homophobie dans le plus grand des calmes comme si c’était tout à fait normal, parce que ça ne l’est absolument pas.

Oui, je ne ferai jamais d’enfants. Et alors ? Est-ce que ça me rend réellement moins légitime ? Il existe l’adoption. L’adoption, vous savez, lorsqu’un enfant est abandonné par ses parents hétérosexuels ? Mais non. Pour vous il est mieux qu’un enfant vive sans parents plutôt qu’avec deux parents du même sexe. « Ca crée un déséquilibre » « L’amour d’un père et d’une mère ». Ce sont vos paroles et vos idées stupides qui sont complètement déséquilibrées. L’amour, peu importe de qui il vient, reste le même. Un enfant a besoin de l’amour de parents, et deux papas, deux mamans restent des parents. Et maintenant, la science permet à des parents homosexuels de pouvoir être parents. Mais là encore, vous débattez, et refusez, criez des arguments sans queue ni tête, qui restent toujours les mêmes et qui peuvent être démontés de mille et une façon différentes. La nature, dites-vous. Dieu, hurlez-vous. Premièrement, nous ne sommes pas tous croyants, et cet argument ne fonctionne que pour vous, croyants (quoique faire passer votre homophobie derrière votre religion reste complètement homophobe hein)(par ailleurs, on a parfois vu passer 1/ des croyants homosexuels et 2/ des croyants absolument pas homophobe, et alors là ça tue encore plus l’argument religieux mais passons). L’homosexualité est bien plus « naturelle » que vous ne souhaitez vous le faire = elle existe depuis aussi longtemps que votre hétérosexualité, et même chez les animaux.

Alors s’il suffisait d’aimer, on s’aimerait et ça irait ; mais aujourd’hui encore malheureusement, on ne peut pas aimer qui l’on veut sans être victime d’une certaine discrimination. Il existe des degrés différents, certes, mais ça n’en reste pas moins de l’homophobie. D’une simple blague, remarque, à des coups, le degré est certes différent mais l’idée reste la même : homophobie. Cœur sur toutes ces personnes hétérosexuelles qui ne sont jamais tombées dans cette haine des homosexuels et qui soit s’en foutent royalement, soit soutiennent nos droits. Parce que, oui, je répète, nous, homosexuels, avons aussi des droits, parce que nous, homosexuels, sommes parfaitement normaux et parfaitement humains, au même titre que n’importe quelle autre personne sur cette Terre.

Bref. Il suffit d’aimer. Sincèrement. Il suffit que vous aimiez ce qui ne vous ressemble pas, ce qui est différent de vous. Parce que la mixité sous toutes ses formes, c’est ce qu’il y a de plus beau, et ne serait-il pas déplorable de vivre dans un monde fait d’un seul et même type de personne ? Des homosexuels dans ce monde, est-ce que cela change réellement quoique ce soit à votre vie ? J’en doute. Aimez-vous parce qu’il suffit simplement d’aimer.

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La confiance en soi


Demandez-moi mes qualités, et je ne saurai pas vous répondre. Demandez-moi mes défauts et nous sommes partis pour deux heures au moins de conversation. C’est mon cas, mais c’est aussi celui de beaucoup d’autres : je n’ai pas confiance en moi, en mes capacités et en ce que je suis.

Je suis incapable d’entreprendre quelque chose sans me remettre entièrement en question : « quel interêt ? » « Suis-je assez intelligent ? » « Assez fort ? » « Je n’y arriverai pas ! » Et parfois, ces doutes de moi-même m’empêchent d’aller au bout de quelque chose, par peur de l’échec. L’échec est effrayant, et vous ne me ferez jamais croire le contraire quoiqu’il en soit : on a tous peur d’échouer un jour. Et parfois, lorsque l’on manque de confiance en soi, alors on a cette impression que quoi que l’on fasse, on échouera toujours. Parce que nous ne sommes pas assez bons. Parce que nous ne sommes pas les autres, ces autres qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent. N’est-ce pas ? On voit des montagnes là où il y a des collines, des tempêtes là où il n’y a qu’un peu de pluie. Alors on ne sort pas, on ne monte pas. C’est trop haut, trop violent. On n’y arrivera pas, à quoi bon essayer ? Je laisse ma place à ceux qui ont leurs chances… C’est un manque de confiance qui nous fait imaginer qu’on est incapable, en dessous des autres. Parce que les autres sont plus grands, peut-être, plus intelligents, peut-être, plus beaux, peut-être.

Parce qu’il y a ces gens qui vous disent que vous êtes faibles et nuls. Ceux qui vous rabaissent et vous humilient. Ceux qui pensent réellement qu’ils valent mieux que les autres, qu’ils sont plus beaux, plus intelligents, plus forts. Alors au début, vous rigolez juste un peu, mais vous commencez à douter de vous. Puis ça continue, encore et encore jusqu’à ce que vous ne vous fassiez même plus confiance parce qu’il y a des gens autour de vous qui nuisent à cette confiance. Ces gens qui chercheront chacun de vos défauts pour vous les jeter en pleine figure et ne vous faire voir que cela. Vous êtes gros. Vous êtes laids. Vous êtes bêtes. Vous êtes fragiles. Oh, vous avez tant de défauts !

Quand je me regarde dans le miroir, je ne vois que cela : mes défauts, bien trop nombreux. Effectivement, je suis moche, gros, pas musclé pour un sou, bête et fragile. Je ne vaux certainement pas grand chose, hein. Je n’aime pas mon corps. Oh, je ne me posais pas vraiment la question avant. Vous savez, avant ce culte de la beauté : l’homme musclé, sans gras. Mais maintenant, j’arrive à un stade où je déteste mon corps, je déteste me regarder. Pire, cela n’est pas que physique : pendant une longue et dure période de ma vie (coucou la Terminale), je me suis tellement remis en question : je détestais aussi ce que j’étais à l’intérieur. Bête, méchant, fragile. Je n’étais rien de bien. Je doutais de tout, tout le temps. Je ne pouvais rien faire sans m’insulter moi-même. Si j’avais pu me flageller je l’aurai fait. J’éprouvais tant de haine envers moi-même parce qu’un jour les autres m’avaient tant jeté mes défauts à la figure que j’avais fini par les croire quand ils me disaient que je n’étais fait que de défauts, que je n’étais rien de bien.


Ma photo de profil Twitter est une photo de moi – de moi et moi seul (celle que vous pouvez voir ici). Ca peut vous paraître anodin, mais j’ai passé du temps à la prendre, à la faire. Parce que je me trouve laid. Parce que j’avais peur de ce que diraient les autres. Pourtant je voulais absolument le faire : c’est, je crois, un premier pas vers la confiance en soi.

Fuck you all, toutes ces personnes qui pensent pouvoir décider de ce qui est beau ou laid. Finalement, la beauté est subjective. Vous avez votre propre façon d’être beaux, ou belles. Vous êtes certainement plus beaux/belles et plus intelligent(e)s et plus fort(e)s que ces gens qui vous nourrissent de vos défauts.

Oh, ce n’est pas facile, je ne vous dirai pas le contraire, mais il faut essayer. Regardez vous dans le miroir, chercher vos qualités parce que vous en avez. C’est évident, nous sommes faits de défauts et de qualités. Il faut apprendre à voir les deux ; pas seulement l’un ou l’autre. Aimez-vous, aimez les autres. Aimez les autres, parce qu’ils s’apprendront à s’aimer ainsi.

Ecoutez ces gens qui vous veulent du bien, ces gens qui vous nourrirront de vos qualités et de compliments. Ils ne sont pas hypocrites, ils ne sont pas juste gentils et n’essaient pas simplement de vous rassurer : ils vous disent la vérité, croyez-les. Aimez-vous comme vous êtes, changez si VOUS avez envie de changer mais ne changez pas parce que les autres vous ont dit que vous deviez changer. C’est votre choix, pas le leur. Ces gens qui vous veulent du mal ne méritent pas cette victoire sur vous, ils ne méritent de décider pour vous, ils ne le doivent pas.

Regardez-vous dans le miroir et faites-vous confiance, juste une fois. Croyez que vous êtes capables de faire de grande chose, et vous ferez de grande chose. Il suffit parfois simplement d’y croire, et voilà que vous vous donnerez les moyens.

Non, ce n’est pas facile, je le sais. C’est un travail au quotidien et qui ne s’arrêtera jamais parce que la confiance peut être ébranlée de tant de manières différentes. Pourtant il vous faut rester forts, parce que vous l’êtes, nous le sommes tous. Il suffit de croire en vous. Vous en êtes capable. Croyez en vous et ce sera là votre première victoire sur ceux qui vous veulent du mal.


J’ai quelques doutes quant à cet article – exemple du manque de confiance. Dois-je le poster ou pas ? Ai-je bien transmis ce que je voulais dire ? Je ne sais pas. Je l’espère.

Ayez confiance.